De retour cette saison dans sa ville d’adoption, Ashley se livre à coeur ouvert sur son enfance, son parcours et sa dévorante passion pour le basketball. Elle nous parle également avec amour de sa fille Lov et de son mari Aaron. Une jeune femme comblée, bien dans sa tête, et prête pour combattre avec les Pink Ladies. À lire sans modération.

Commençons par le tout début. Tu es née le 18 octobre 1993 à Birmingham en Alabama, tu peux nous parler de ton enfance ?

J’ai fait face à de nombreux challenges dans ma vie, et ce dès ma naissance. J’étais prématurée, je pesais 3 livres (1,3kg). J’étais censée naître pour Noël, mais je suppose que j’étais déjà prête pour le monde !

Le docteur a dit à ma mère que, du fait de ma naissance prématurée, j’aurais des soucis d’apprentissage et peut-être des problèmes mentaux. Mais avec la foi et une mère forte qui a pris soin de moi, elle s’est assurée que je ne manque de rien.

J’ai grandi en relevant des défis, car j’ai toujours pensé que je pouvais tout faire, et rien n’était impossible avec Dieu.

 

Ta famille était dans le basketball, ton père, ton oncle, ton cousin. Ta passion pour la balle orange vient de là ?

J’ai toujours eu cette passion pour le basketball, mais je pense qu’être avec la famille a confirmé que je pouvais poursuivre et faire quelque chose dans ce sport. Ils sont tous très solidaires et compétitifs.

Tout le monde aime le basketball dans la famille. Mon père et mon cousin m’emmenaient aux And1 Games (match de basketball organisés par la célèbre marque And1), mon oncle Mike Anderson coachait à “University of Alabama” à Birmingham à l’époque, j’allais à tous les matchs, et j’avais toujours une balle en main, mais le basket était tellement spécial pour moi. J’ai donc commencé sérieusement le basketball à 6 ans. Depuis, j’ai travaillé dur pour voir une bourse d’étude à Troy University.

Quels étaient tes rêves quand tu étais enfant ?

Mon rêve a toujours été de jouer au basket à l’étranger, être une épouse et une mère. À partir de maintenant, je vis mon rêve. En vieillissant, mes rêves s’élargissent. Mon mari et moi travaillons pour la création de notre propre centre d’entraînement de basketball. C’est mon rêve aujourd’hui. Cela offrira un lieu pour nos athlètes, et ma fille aura également un endroit pour s’entraîner à elle.

Tu as joué pour Minor (Highschool) à Adamsville, tu as des souvenirs de ces années ?

Tout le monde me connaissait comme joueuse de basketball. J’ai toujours été première de ma classe avec des bonnes notes, je n’ai jamais eu de problèmes et j’ai toujours essayé d’être utile.

J’étais même Class President (équivalent du délégué de classe) lors de ma dernière année. La meilleure partie de ces années, c’était lors des voyages pour jouer au basketball en AUU (Amateur Athletic Union). On devait partir presque chaque weekend dans différents états et j’ai rencontré quelques-unes des meilleures joueuses du pays. Cela m’a motivé à vouloir devenir meilleure.

Après Minor, tu as grandi en tant que joueuse à Troy University, c’est une étape importante pour toi ?

Je n’étais pas très demandée après Minor à cause de ma taille. J’étais très petite, mais très athlétique. Troy m’a donné une chance et je me suis promis que, quand nous jouerions dans toutes les grandes écoles, je m’assurerai qu’ils sachent que je travaillais et que ma taille ne comptait pas.

Quand j’étais à Troy, j’avais un entraîneur, mon mari aujourd’hui mais un ami à l’époque. On travaillait littéralement 18 heures par jour sur mon jeu. Je suis très reconnaissante envers lui aujourd’hui, il a tellement sacrifié pour m’aider, même un contrat pour aller jouer à l’étranger. Je ne serai pas celle que je suis aujourd’hui sans lui.

À Troy, j’ai remporté en 2016 le premier titre de division 1, et j’ai empoché le record de la meilleure marqueuse de l’histoire de ce championnat, mais aussi pour les interceptions, les lancers francs marqués et le plus haut pourcentage aux lancers. Je suis devenu une All-American (sélection des meilleures joueuses amateurs du pays) et j’ai joué dans un tournoi NCAA.

 

Quel est ton meilleur souvenir de ces 3 années ?

Mes meilleurs souvenirs sont avec ma meilleure amie Marie. Jouer avec elle était très fun, mais c’est en dehors du terrain qu’étaient les meilleurs moments. Je suis chrétienne et pouvoir parler de mes croyances, de ce que je vis et pouvoir être moi-même m’a fait me sentir chez moi. Elle a toujours ouvert son cœur et m’a écouté quand j’en avais besoin. L’avoir eu à mes côtés a été une bénédiction, on se parle toujours aujourd’hui et je l’aime.

“Être cet exemple pour mes jeunes frères et sœurs pour leur montrer qu’ils peuvent vivre leurs rêves”

Après, tu as décidé de rejoindre l’Israël en 2016, tu as joué pour Hapoel Rishon et Petah Tikva cette saison-là, pourquoi le choix de ce pays ?

Il y avait des joueuses de WNBA dans le championnat israélien. Je voulais jouer contre des adversaires de haut niveau, et jouer en WNBA était un de mes objectifs. J’ai eu des échanges avec les coachs des Seattle Storms à Indianapolis après le NCAA Tournament en 2016. À l’époque, j’ai voulu m’assurer qu’il savait que je pouvais jouer à la mène, mais quand j’ai parlé avec eux, ils ont dit qu’ils voulaient me voir scorer plus.

J’ai décidé de rejoindre l’Israël pour prouver que je pouvais marquer contre des joueuses de WNBA : Jasmine Thomas, Crystal Bradford, Tayler Hill, Danielle Adams ou encore Tiffany Hayes !

 

Cette première saison loin des USA a été une bonne expérience pour toi ?

Ça a été l’une des meilleures expériences possibles. J’ai pu construire une meilleure relation avec Dieu, être cet exemple pour mes jeunes frères et sœurs pour leur montrer qu’ils peuvent vivre leurs rêves, et voyager en Israël dans tous ces endroits la première année m’a fait me sentir plus proche de Dieu.

 

Après un premier passage en France avec le Limoges ABC, tu découvres Roanne en 2018. Quels étaient tes objectifs à ce moment-là ?

Je savais qu’Olivier était un bon coach et qu’il ferait de moi une meilleure joueuse, plutôt que de simplement me permettre de jouer sans structure ni intention de devenir une meilleure joueuse en jouant à un niveau supérieur.

C’est définitivement ce qu’il a fait. Je l’apprécie vraiment car je veux continuer de progresser dans ma carrière. Je sais que je suis une bonne joueuse, mais je suis meilleure quand je peux impliquer mes coéquipières. C’est ce qui permet de gagner des championnats. Il faut toute l’équipe.

 

Comment t’es-tu senti durant cette première saison avec le RBF ?

J’avais l’impression que nous avions une grande équipe avec de l’expérience. Je pense que nous n’avons pas accompli nos objectifs, car nous nous sommes mis nous-même des bâtons dans les roues pour les atteindre, et nous ne savions pas comment communiquer les unes avec les autres.

 

La saison 2019-2020 a été arrêté à cause du COVID-19, tu as dû retourner aux USA, et tu as dit au magazine Parlons Sports que c’était un crève-cœur pour toi, pourquoi ?

Cette saison-là, nous avions une belle équipe. Nous prenions un bon rythme de victoires, et personnellement, je pense que je jouais très bien. Entendre que nous devions arrêter de jouer à cause du virus m’a rendu triste, mais je suis toujours heureuse de voir ma famille aux États-Unis, donc je me suis dit : l’année prochaine sera meilleure pour nous.

Ta vie a pris une nouvelle dimension en décembre 2020 quand tu es devenu maman, tu peux nous décrire comment tu t’es senti quand tu as vu Lov pour la première fois ?

“Mon dieu !” est tout ce que j’ai pu dire. Mon cœur était tellement plein d’amour que je ne savais pas quoi faire. Immédiatement, j’ai juste voulu